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“On pourrait dans cette création vouloir défendre un message politique, engagé, mais n’est-il pas aussi beau et important de mettre simplement en lumière des hommes et des femmes dans un partage humain entier et sincère ? Nous le savons, nos vies en société nous contraignent, nous empêchent, nous modifient, mais jouer reste une activité nous permettant un retour à nous-même, à notre simplicité et notre authenticité d’être humain.


Sur le plan physique, jouer c’est en quelque sorte laisser ressurgir en nous un comportement primitif, animal, où l’adrénaline, le sensoriel et la spontanéité prennent le dessus. Constamment sur le qui-vive, en tension, le corps est présent, disponible et à l’écoute. Et en laissant le mental de côté, nous arrivons à des capacités physiques bien supérieures à celles dont nous nous savons habituellement capables. Cet état de corps ne naît que véritablement par la présence d’autrui. S’intéresser au jeu, c’est fondamentalement s’intéresser au partage, puisque le jeu ne saurait réellement exister sans l’autre. Sa présence nous stimule, via notre constant besoin de comparaison, entraînant un aspect très souvent compétitif dans notre relation. Mais au-delà de la concurrence qui peut se créer entre joueurs, ce qu’il faut avant tout retenir, c’est la justesse du partage entre ces individus. Qu’ils soient dans un état de joie comme de confrontation, les joueurs suppriment un filtre émotionnel qui peut habituellement exister chez chacun de nous, et retrouvent une pureté d’expressivité et une simplicité dans leurs relations.

Sur le plan chorégraphique, notre premier défi est de conserver dans une partition écrite la spontanéité et la fraîcheur gestuelle explorées en atelier. Rien de plus vivant et d’imprévisible qu’un jeu, alors comment réussir à faire persister chez le danseur cet état si animé et si furtif lorsque nous connaissons en fait déjà l’issue et tout le déroulé de l’histoire ? De plus, nous nous sommes fixées un deuxième défi, cette création tend à aller au-delà d’une recherche personnelle de gestuelle autour du jeu et d’arriver à transmettre cet éveil corporel et émotionnel au spectateur. Le travail autour de la scénographie, stimulante visuellement parlant, vise à inciter l’œil à rester aux aguets et à se laisser surprendre par des apparitions, corps et images inattendues. Jouer ne vise « aucune fin utilitaire », mais ne serait-ce en fait pas une nécessité ? Quoi qu’il en soit, pour nous, jouer est une évidence.”

– Thaïs Desveronnières

      A vos marques 

Chorégraphie :
Thaïs Desveronnières

Danseurs et danseuses :
Elvis, Matthieu, Nicolas, Jérôme,
Nadjima, Nadjima, Nadjoua,
Myrena, Romain, Kelly, Eddy,
Julianne, Lina, Sofiane, Antoine

Création musicales :
Antoine Laval
The Surfaris – Wipe Out

Représentation :

 

Première  : Maison de la danse de Lyon 

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